«À l'origine, Soumoy , tout comme Senzeille d'ailleurs, n'était pas un village où il était de tradition de marcher. Et pourtant, comme vous pouvez vous en rendre compte, notre marche n'a vraiment rien à envier aux autres, surtout dans un si petit village »,  déclare fièrement l'adjudant Jean-Philippe Body.

Mais, pourquoi n'a-t-on marché  qu'après la guerre à Soumoy et que tout récemment à Senzeille ? Professeur de mathématique mais titulaire d'une maîtrise en Histoire du Moyen-Âge, Jean-Philippe Body pense en connaître la raison :

« Lorsqu'on superpose une carte des marches folkloriques avec une carte de nos régions sous l'Ancien Régime, on constate que les marches sont essentiellement concentrées dans le comté de Namur (dont faisait d'ailleurs partie Charleroi) et dans la principauté de Liège (Thuin, Fosses-la-Ville, Ham-sur-Heure, Cerfontaine...). À l'époque, les villages de Soumoy et Senzeille appartenaient au comté de Hainaut où l'on ne marche pour ainsi dire pas. La preuve en est que la Botte du Hainaut ne compte aucune marche, mis à part Virelles et Boussu-lez-Walcourt qui était une enclave française »,  explique Jean-Philippe Body.

Pour notre historien, les compagnies qui défilent en 1er Empire, en référence à Napoléon, le font bien souvent parce que l'Empereur est passé sur leurs terres. Mais, il faut savoir que l'on escortait les processions en armes, ancêtres des marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse, bien avant Napoléon.

Les compagnies de Silenrieux et Laneffe remontent aux années 1600. Walcourt honore Notre-Dame depuis bien plus tôt encore.

Une marche familiale

La marche Saint-André de Soumoy se veut honorable, conviviale et familiale. Samedi après-midi, elle a entamé son parcours par une salve tirée à la chapelle Saint-André. Les marcheurs ont ensuite pris le départ du hameau de Falemprise qui a été rattaché à Soumoy au niveau paroissial, voici tout juste 200 ans.

Après la décharge du bourgmestre, les courageux soldats d'un week-end sont rentrés dans leur patelin où trois salves ont encore éclaté, en guise de clôture de cette première belle journée de marche.

Dimanche, les portes du château étaient grandes ouvertes pour la prise des drapeaux. Après la messe militaire, dans la superbe petite église du village, la procession s'est mise en marche, sous un généreux soleil. Le village étant ce qu'il est, saint André était déjà rentré dans son sanctuaire, aux environs de midi.

Après un repos bien mérité, la compagnie, qui compte environ 120 hommes, s'est reformée pour, de nouveau, défiler dans les quelques rues de la localité. L'ambiance était, à ce moment, beaucoup plus décontractée que le matin. Les festivités de la Saint-André se sont achevées par une retraite aux flambeaux.

Pour la 8e fois, Soumoy a tenu le pari du respect de nos traditions folkloriques de l'Entre-Sambre-et-Meuse.

vincent Pinton